L’hypersensibilité viscérale #2

Dans un précédent article, je définissais la douleur viscérale (ou l’hypersensibilité viscérale). Cette fois-ci, je vous présente les mécanismes biologiques potentiellement liés à ce phénomène.

Des neurones hypersensibles :

La suractivation des neurones sensitifs et des neurones entériques (digestifs) a été mise en évidence chez les personnes souffrant du Syndrome de l’Intestin Irritable (SII). On parle de neurones « hypersensibles ». D’après une étude, cette suractivation neuronale est proportionnelle aux scores de douleurs indiqués par les patients. La suractivation des neurones de l’environnement digestif peut donc être directement liée à la douleur viscérale.

Ok, mais comment c’est possible ? Voici quelques éléments de réponses…

Les terminaisons des neurones sensitifs projetant vers l’intestin partagent le même environnement que les neurones entériques : la muqueuse intestinale. Ils sont alors tous potentiellement sensibles aux mêmes molécules qui passent dans le coin. Le dérèglement du taux d’une de ces molécules pourrait bouleverser toute l’harmonie de cette muqueuse intestinale.

neurones symbolisés par poule bleu pour sensitif orange pour entérique, focus loupe sur la connexion entre les deux
Focus sur la muqueuse intestinale, environnement commun aux terminaisons sensitives (poulpe bleu) et aux neurones entériques (poulpe orange).

Mastocytes surnuméraires :

Au niveau du colon de personnes souffrant de SII, les mastocytes sont présents en plus grand nombre à proximité des nerfs (par rapport à des personnes témoins). Ces mastocytes sont des cellules immunitaires participant à la réponse inflammatoire. Elles sécrètent de l’histamine et de la serotonine. Il est alors fort probable que ces 2 molécules soient plus abondamment présentes au niveau de la muqueuse intestinale. Cette abondance pourrait en perturber toute l’harmonie. De plus, ces molécules sont connues pour activer les neurones sensitifs et entériques. Une surabondance de ces molécules pourrait dérégler la réponse neuronale et être à l’origine de la douleur viscérale.

D’après quelques études :

  • Une molécule empêchant l’action de l’histamine (un antagoniste) réduit l’hypersensibilité viscérale et les scores de douleurs chez les personnes souffrant du SII,
  • L’augmentation du taux de la serotonine chez les personnes souffrant du SII est associée à une augmentation de la sévérité de la douleur viscérale.
infiltration mastocytaire représentée par des poissons relarguant bulles vertes et roses pour histamine serotonine. au niveau bras poulpe bleu pour neurone sensitif et orange pour neurone entérique
Infiltration mastocytaire en cas de SII, représentée par des poissons qui relarguent des bulles vertes et roses : l’histamine et la serotonine.

Ainsi, la 1e hypothèse est la suivante : la libération de l’histamine et/ou de la serotonine par les mastocytes à proximité des terminaisons nerveuses pourrait induire l’hypersensibilité viscérale associée au SII, probablement par l’intermédiaire d’une réaction immunitaire.

Cette hypothèse n’est pas la seule. De nombreuses études existent sur les mécanismes potentiellement associés à la douleur viscérale. D’autres sont toujours en cours et d’autres suivront. Aujourd’hui, l’origine de cette douleur est inconnue mais à force de trouver des petits bouts du puzzle… La Science y parviendra !

Je vous présenterai prochainement d’autres hypothèses. Suivez-moi sur Facebook pour être informé de la parution des prochains articles. N’hésitez pas à me poser des questions en commentaires si quelque chose n’est pas clair.

Belle journée !

*Bunher, Barbara, Wouters et Cremon.

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